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L'univers de l'Espace
Reine de Saba












INFOS 2010, 09, 08

Nouvelles de nos journaux papier


Bonjour, en raison de l’accroissement permanent des consultations de notre site : notre journal papier (dont l’origine remonte à près de 20 ans de publication...) change de méthode :
- Nous envoyons toujours et sans cesse le journal "papier" à nos amis (es) abonnés (ées). Périodicité environ tous les deux mois, avec numéros spéciaux. De nombreux articles ne sont "jamais" mis sur notre site, afin de ne pas pénaliser nos abonnés.

- Nous mettons en ligne, régulièrement des articles et dossiers (qui ne sont pas forcément dans notre journal).

Bonne lecture...


Message à nos abonnés "journal Reine de Saba infos", en raison du calendrier actuel et de circonstances techniques, la publication de notre journal de printemps - paraîtra vers le 10 mars 2010

Voici des nouvelles :

EXTRAIT DU N° 35 et 36 du Journal "REINE DE SABA infos". avril-mai 2008.

  • fin de l’exposition actuelle AETHIOPIA MILLENIUM, jusqu’au 7 mai 2008
  • le 7 mai au soir sur FR3, soirée spéciale « des Racines et des Ailes « , voyages de légendes avec notre président José-Marie BEL en Ethiopie : 1 heure 10 minutes en deux parties avec 2 fois 20 minutes sur le Mékong. L’agence Capa et FR3 sont ravis de la qualité.
  • Festival des Carnets de Voyages du 16 au 19 mai, de 14h à 21h : vous êtes invités ! Au programme : rencontre avec des artistes de talents, signatures, ateliers, films, dégustations de plats yéménites et éthiopiens, pâtisserie, fanfare « Vents de Panique » le samedi 17 mai de 16h à 17h30, etc… A ne pas manquer. >>> chaque année le Festival a lieu à la mi-mai !!!
  • Nouvelle exposition « Abyssinie : des Racines et des Rêves ». Sur les pas de l’histoire ancienne, avec un regard singulier de J-M Bel, lié à La mission filmée par Capa/des Racines et des Ailes ; Une réflexion sur ce pays, les voyages, les sites historiques, etc… nombreux documents anciens et récents, objets, etc… du 27 mai au 26 juillet inclus.

Une nouvelle rose : la rose Rimbaud « O ! si vous saviez les effluves mystérieuses qui secouaient mon âme pendant que j’effeuillais cette rose poétique ! » déclamait Arthur Rimbaud. Pour l’un de nos plus célèbres poètes du XIXème siècle, une fleur de forme classique, d’environ 80 pétales, agrémentée d’un parfum puissant, rose de mai. Excellente résistance au gel. Hauteur 90/130 cm. La première rose s’est éclose le dimanche 8 juin !

Vous pouvez voir, admirer et « sentir » les roses Rimbaud à l’Espace Reine de Saba dans notre jardin, au printemps (si elles sont en fleur). Toute information : meillandrichardier.com, ou tel : 04 78 34 46 52. Nous préparons une réception avec l’association « Les Amis des Rimbaud » à la L’Espace Reine de Saba, sans doute à l’automne.

Parrainage : Afin d’être plus efficace dans nos communications et nos actions, Les Nouvelles d’Addis et l’Espace Reine de Saba ont décidé de développer une coopération culturelle plus efficace ensemble. Echanges d’articles, de documents, vente chez nous des ouvrages, et de la Revue « Les Nouvelles d’Addis », tout en félicitant l’admirable travail de Colette Delsol, d’Alain Leterrier et leur équipe.

Spécial copinage : FRIENDS OF HADRAMAWT, association anglaise qui regroupe beaucoup d’amis (es) du Yémen et de la Corne de l’Afrique, dirigée par MM Sultan Al Quaiti (dont la Sultana, amie de longue date) et Leila Ingrams (qui a publié plusieurs ouvrages, dont certains sur l’Ethiopie), fête son 10ème anniversaire ! avec sa news Letter N° 12. Pour tout contact : www.hadramaut.co.uk

ABM dont nous avons souvent parlé, qui publie depuis plus de 17 ans sa revue « Globe-Trotters magazine » réalise son Festival chaque année (et pour la deuxième fois) en septembre. Elle vient de créer le 1er Festival du voyage solidaire et responsable « Partir Autrement » les 5 ert 6 avril 2008 à l’Espace Reuilly, avec films, rencontres, une quinzaine de stands professionnels et associatifs, et les fameux buffets préparés par Didier. Site : abm.fr/ courriel adhabm@free.fr -

Disparition : Madame Yvette Viallard, médecin du temps du roi du Yémen, vient de disparaître en Janvier 2008. Elle a beaucoup œuvré pour l’amélioration des conditions sanitaires au Yémen, principalement à Taïz, étant à l’origine de la coopération française au Yémen et dans cette région. L’Ambassade du Yémen lui avait accordé la nationalité yéménite d’honneur, en nommant un (beau) hall d’entrée de son nom. Nous l’a connaissions depuis 35 ans.

Nous n’avons pas été insensible à l’Emission « Un jour du siècle » le jeudi 24 avril dernier sur France Inter consacrée à « Henry de Monfreid », avec la participation de son petit-fils Guillaume ; nous avons remarqué également que sur les mêmes ondes, des reportages ont été consacré à la Corne de l’Afrique (Erythrée, Ethiopie) ; honorables… mais avec l’omission de l’existence des nombreux articles de LNA…

Merci à celles et ceux passant visiter l’Exposition, prenant des nouvelles et échangeant de bons propos. Merci à Colette Delarue qui malgré les distances, s’intéresse toujours à notre belle aventure. A celles et ceux abonnés « étourdies (s) » : nous ne pouvons plus envoyer les journaux indéfiniment…

Reportage ÉTHIOPIE : Une brillante civilisation,
Le brillé dans la vie quotidienne

Par José-Marie BEL, Ethnologue, expert de la Corne africaine. Ancien Président de l’association « les Amis de Rimbaud » - Article réalisé pour une plaquette exclusive de Madame Geneviève Hodin (parution prochaine).

Des influences historiques et religieuses

L’Ethiopie situé dans la Corne de l’Afrique se distingue totalement du reste de cet immense continent. Sa géographie (depuis 1993 séparée de la mer Rouge par l’Erythrée) est principalement constituée de hauts plateaux rocheux, de profondes vallées et de sommets verdoyants au pouvoir de retenir l’eau provenant des nuages crées par la très forte évaporation des mers (Rouge et d’Arabie) et de l’océan Indien. Il en résulte, entre autres, le Nil bleu, Abbaï, fort alluvionné, qui offre les 2/3 du « grand Nil » de Khartoum qui poursuit sa route vers l’Egypte. Depuis la plus lointaine Antiquité, les échanges commerciaux et spirituels avec l’Egypte, Méroé, la Palestine et l’Arabie du Sud (le royaume Sabéen du Yémen actuel) ont permis à la population de l’Ethiopie de développer une société unique et très singulière.

En effet, depuis plus de 3000 ans, elle embrassa les grands courants aux croyances diverses, qu’on nommera à l’origine et pour le plus important, paganisme sabéen (forme d’hénothéisme régionale) avec l’adoration de divinités, liées aux astres, aux prêtres, aux rois, puis plus tard le Judaïsme, et au début de l’ère chrétienne, le Christianisme qui prendra des formes orthodoxes qui demeurent de nos jours bien vivantes. A cause de sa situation géographique, de ses montagnes et de son climat agréable, puissante et courtisée, elle se trouva cernée par la conquête islamique (parfois menacée, avec risques de disparition) par cette « envahissante » religion, subissant de sa part convoitises et attaques répétitives tout en jouissant d’un statut privilégié qui demeure encore de nos jours dans les consciences (l’Ethiopie a accueilli à l’époque de l’Hégire la famille du Prophète Mahomet).

Le breuvage dans la culture éthiopienne

À travers ces courants religieux, ce pays, l’ex Abyssinie, a donc développé des rites empruntés à ces diverses religions (jeun et abstinences, fêtes, objets cultuels, chants, psalmodies, accoutrements et genres de prières, rites alimentaires, etc…), teintés d’animisme et de croyances ancestrales bien connues : peur du diable, des mauvais esprits, crainte de l’intellectuel et de celui qui sait écrire –autre que l’ecclésiastique – etc… Rites, habits, chants, faisant « bon ménage » avec aliments, viandes, légumes, céréales et breuvages divers.

Plusieurs breuvages alcoolisés traditionnels existent dans le pays dont le tala (ou tela, bière de céréale locale) et le plus célèbre nommé Tej. Ce dernier était il y a peu la boisson nationale, indispensable, voire « unitaire » du pays. Depuis quelques années, elle est détrônée par des produits d’importation et manufacturés, comme la bière industrielle en bouteille. Depuis l’époque du Négus, la société française Castel produit sur place toutes sortes de bières, bon marché et disponibles partout aux noms évocateurs : Saint-Georges - le Patron éthiopien- , Dashen – le plus haut sommet du pays – ou Harrar, la fameuse cité musulmane chère à Arthur Rimbaud. Dus aux influences étrangères (Italie, Angleterre), il y a bien sûr une variété de pastis nommé Araki, du Gin et du Cognac, et du vin de qualité « vinaigrée », hélas ; l’arrachage des bons pieds de vignes du temps du Derg (dictature 1974-1991) a été remplacé par du vin soi-disant de fabrication locale avec des composants importés d’Italie. Évidemment, on ne doit pas oublier les boissons non alcoolisées, le Tchaï (thé éthiopien) assez peu consommé et bien sûr le buna, ou bûn (le café préparé à « l’Ethiopienne », et non à la Turque, comme on le dit toujours à tort), le merchiato (café au lait moussant) d’influence italienne, et les eaux diverses gazeuses Maïgaz de style San Pélégrino (on ne renie pas tout le passé) ou pas, et les inévitables sodas. Certaines boissons s’accommodent bien avec le Tchat (ou le Kat), plante prisée par les musulmans (et aujourd’hui de nombreux jeunes « branchés ») dont on mâche les jeunes rameaux aux vertus euphorisantes. Pour nombre d’entres eux, le kat a détrôné le tej jugé « ringard », et de toute façon interdit aux musulmans, plus répandu au Yémen et à Djibouti.

Pas de brillé sans tej…

Ce qui demeure au cœur des Ethiopiens des montagnes, c’est le Tej, celui-ci fabriqué avec du miel est donc une variété d’hydromel, que certains appellent « vin d’hydromel »… la boisson typiquement nationale ! Parcourant ce pays et toute la région depuis 1974, j’ai souvent bu le tela ou le tej dans les lointaines campagnes dans des calebasses ou des verres en aluminium, et même en plastique. Dans les paisibles ou joyeuses assemblées, ces breuvages communs puisés dans de grands récipients ou dans des seaux passant de mains en bouches fortement alcoolisés, doivent anéantirent les microbes, car ce n’est pas avec eux que l’on tombe malade. Il en va aussi de même pour les rencontres, les fêtes, les mariages et les repas religieux comme je l’ai vécu dans l’île de l’Arche d’Alliance – interdite aux femmes -, fort isolée au cœur du lac Tana en novembre dernier. Cet alcool est souvent indépendant du repas, ce que nous verrons plus loin.

Donc le Tej est fondamental dans la tradition païenne, cultuelle et culturelle éthiopienne, il est servi dans les maisons, les bars ou les cérémonies dans une bouteille ou grande fiole appelée communément « brillé », ou comme je l’ai fait récemment bien épeler tant en Erythrée qu’en Ethiopie : « brrIi’lé ». Allons comprendre ! C’est charmant d’entendre un mot, qui à mes oreilles a de véritables consonances françaises.

Les sources des brillés

On peut penser qu’il n’y pas de « brillé » sans la présence des premiers voyageurs et commerçants en Ethiopie. Ce ne sont pas les premiers explorateurs du XVIIIème siècle et début du XIXème s. (les frères d’Abadie, Rochet d’Héricourt, …) qui ont fait connaître de type de récipient. D’autres existaient sans doute ? Ces explorateurs et aventuriers, comme leurs prédécesseurs (Poncet, James Bruce,…) avaient d’autres objectifs que le commerce : découverte de lieux, de sites historiques (Axum, Lalibela), de civilisations, recherche de l’origine du Nil ? Ce n’est que bien plus tard, après l’ouverture du canal de Suez en 1869, que les dernières velléités des grandes puissances se lancèrent dans la course à l’appropriation, pour ne pas dire le pillage : il y avait à conquérir les dernières colonies de la planète, et à s’enrichir sur leur dos ! Égyptiens, Turcs, Anglais, Français et Italiens imprimèrent dans cette région leurs traces, toujours bien visibles de nos jours. Avec eux, missionnaires zélés (Capucins, Lazaristes,… Chrétiens donc, parfois en conflit avec le clergé orthodoxe), soldats plus ou moins douteux aveuglés par leur goût de conquêtes effrénées (que de batailles perdues : Adwa, Fachodas, Harrar,…). Peut-on dire qu’il y avait aussi une forte concurrence entre les troupes étrangères de confession musulmane, et les occidentaux européens de confession chrétienne, qui pouvaient offrir dans leur besace, armes, conseils et technologies modernes…

Les premiers commerçants occidentaux contemporains à l’intérieur des terres furent les Grecs, Arméniens et Français. On peut lire, non sans intérêt, l’arrivée à Harrar d’Alfred Bardey en compagnie du Révèrent père Taurin en 1880. Bardey s’associant avec son frère Pierre et d’autres compagnons pour faire commerce en tous genres : café, peaux, ustensiles, … Arthur Rimbaud endossant ses nouvelles fonctions de commerçant caravanier (d’abord employé par Bardey & compagnie à Aden, en août 80, puis allant à Harrar) s’intéressa très vite à diverses manières de vivre et de s’enrichir dans le commerce « éclectique » : armes, photographies, projets d’ingénierie étonnants au regard des livres commandés à sa mère, objets « ethniques locaux », ou manufacturés importés. C’est par lui et l’ingénieur Suisse Ilg (bras droit occidental de Ménélik II) que ces fameux brillés, aussi nommés birillis se sont répandus en Ethiopie à partir de 1889.

Les recherches que j’ai menées dans ces contrées m’ont permis de constater que le terme brillé est toujours largement usité. J’en ai même trouvé au Yémen, à Sanaa, dans le Hadramawt et à Aden, des très anciens, en verre soufflé, dont un, assurément date de l’époque de Rimbaud, et peut-être de sa fabrication. Ce n’est pas étonnant, car à son époque le commerce était florissant et les navires étaient nombreux. César Tian, agent consulaire français et grand commerçant avait un comptoir à Hodeidah et à Aden, fût même associé à Rimbaud. Les ports traditionnels est-africains d’Obock, de Tadjoura, Berbera et Zeila furent vite supplantés par d’autres plus modernes ou modernisés : Massawa tenu par les Italiens, Djibouti tenu par les Français (avec la création de la ligne de chemin de fer Djibouti-Dire Dawa- Addis Abeba), Assab (Italie). Les ports arabiques d’Hodeidah (Yémen) et d’Aden (protectorat anglais) quant à eux fonctionnaient à plein régime. Comme on le sait, il y avait sur place des fabriques diverses, peut-être de brillés, pour le compte de Ménélik II, Ilg, complice commercial de Rimbaud- ayant été l’instigateur heureux, à Ankober et Debré Marcos, tandis qu’une usine aurait produit à Asmara ces fameuse fioles jusqu’à la fin du règne du Négus Haïlé Sélassié dans les années 1970 (l’Erythrée étant une province associée avant sa sécession).

Nous constatons qu’Arthur Rimbaud s’est également intéressé aux brillés dans son « univers commercial ». Durant sa vie somme toute trop courte (37 ans), Rimbaud était en permanence pressé et avide de tout : connaissance et culture, poésie, lecture, contact, amour, confrontation, reconnaissance, voyages, aventures, explorations, commerce et gains. Il s’essaya à Aden et à Harrar dans des domaines variés : explorations géographiques, analyses et même conseils (aux investisseurs), avec diverses tentatives qu’on nommerait de nos jours « coups commerciaux ou opérations à but lucratif », dont l’import-export, et une infructueuse caravane d’armes pour le compte de Ménélik II. Désormais, hélas, il fût estampillé à jamais « trafiquant d’armes », voire plus ! Dans ses recherches, Geneviève Hodin nous présente très bien l’aspect commercial autour des brillés. Ce que l’on peut rajouter, c’est l’opiniâtreté de Rimbaud à réussir, et surtout son sens aiguisé (intelligent) et opportun. Lui seul a compris l’importance et l’intérêt du commerce et de la consommation du tej… dans les brillés, d’en fabriquer - et même d’en dessiner en modèle – et d’en « fourguer » de toutes teintes, en grand nombre à Ilg. L’année 1889 sera fructueuse, puisqu’il en importa des milliers (citation de 6000 brillés dans les courriers Rimbaud/Ilg), à tel point qu’Ilg lui demandera de cesser ce type d’importation qui en fera don à Ménélik II.

Les tejbeyt éthiopiens et d’Addis-Abeba

Le terme Beyt vient de l’arabe, beyt (qui signifie maison), lui même tiré de l’hébreu d’il y a 3000 ans.

Associé à la fête, aux réjouissances et à la compensation du désœuvrement, le tejbeyt est le concurrent direct du Bounabeyt, le premier étant le bar à tej, qui permet aussi d’écouter un azmari conteur musicien ou de s’enivrer ou de danser sur de la musique moderne tonitruante, de trouver jolie âme et de poursuivre avec elle des moments dans des chambres au rez-de-chaussée dans l’arrière cour, tandis que le second est une « maison du café », parfois familiale dans laquelle une femme prépare la cérémonie du café (qui dure 20 à 30 minutes) qui sera ensuite dégusté dans des petites tasses. Les bounabeyt peuvent parfois offrir d’analogues services (L’Ethiopie est fort étonnant pour la liberté de ses femmes).

Les bounabeyt fonctionnent toute la journée jusqu’au soir, tandis que les tejbeyt s’animent évidemment plus tard, à la fin du jour. Les brillés toujours servis sans bouchon (qui n’existe pas) sont portés par le goulot, chaque main de la serveuse pouvant en contenir quatre. Quelle allure ! ils sont posés sur la table d’un vif geste, et souvent aussitôt repris vidés, afin d’éviter sans doute la casse. L’animateur de ces bouges est l’Azmari, un troubadour baladin (qui peut circuler de bar en bar) qui est un personnage important car selon Francis Falceto « il médiatise les mémoires collectives », les événements spontanés. Il est perçu comme « un magicien », scrutant le caractère du « buveur-spectateur » avec une fraicheur parfois déconcertante. Jouant souvent du Kraar (large harpe quadrangulaire) ou d’un Macinko (violon à une corde donnant un air à la Jimi Hendrix), distillant un art de parler, khené, à double sens, il envoute, endiable l’assemblée déjà imbibée de tej… et d’injéra/watt (galette de tef avec viande épicée). Par ailleurs, comme les cabarets et les caves à chansonniers durant les « grandes Guerres, 14-18 et surtout 39-45) en Europe, les tejbeyt étaient à plusieurs reprises des lieux où l’on pouvait écouter des chansons et des propos interdits, durant la dictature (Derg), et même à l’époque du Négus.

Est-ce que les brillés et le tej résisteront au XXIème siècle ? Il est probable que cette tradition perdurera, même si le stock de fioles diminue et l’on soupçonne déjà que les Chinois, après avoir anéantis les verres Duralex* envahiront bientôt ce juteux marché. De nos jours, les derniers brillés circulent : ici un « papi » asmari cède son stock, là, les tejbeyt en ont un nombre suffisant, là encore à Addis dans le fond d’une boutique, on trouve deux ou trois, rares et à prix fort, … des brillés à l’effigie d’Hailé Sélassié (le Lion de Judas) ou les brillés « Cusenier » qui ont peut-être servis de modèle.

Il y a peu, j’en ai même vu en plastique mou, avec un étui tressé fluorescent optionnel, le comble de raffinement. On n’arrête pas le progrès.

Documents annexes :

  • Photographie représentant trois chasseurs occidentaux. Deux d’entre eux tiennent à la main des brillés semi remplis. Photographie attribuée à Alfred Ilg. L’Afrique de Rimbaud. P. 85. Editions Textuel, Textes de Claude Jeancolas, 1999.
  • Brillé ayant appartenu à Ménélik II. Brillés ayant appartenu à Hailé Sélassié. Brillés français importés en Ethiopie, dont une « fiole Cusenier . Brillé de teinte verte, découvert au souk de Sanaa, Yémen.

Éthiopie : 1,2 millions km2, 75 millions d’habitants, langue nationale amharique, 200 ethnies et langues. Érythrée : 130 000 kms2, 5 millions d’habitants. Langue principale, tigrinia, 10 ethnies

Quelques brillés selon mes recherches : - Mention en allemand, « berellé »Bouteille ou flacon de type parfaitement ovaloïde (hauteur 22 cm), comme celui ayant appartenu à Ménélik II. Il comporte les inscriptions en or « negusä nägäs’t Menilek » (Ménélik Roi des Rois) Exemplaire se trouvant aujourd’hui au Musée de Munich (VÖlkerkunde Munick, collector : Albert Treca). - Autre Brillé ancien découvert à Berlin en 2006 : base semblable (ronde) avec un long goulot élargit. Longueur totale : 25 cm. Collection C.Thomé.

Indications bibliographiques :

  • Prunk und Pracht am Hofe Menileks. Alfred Ilgs Äthiopiien um 1900. Elisabeth Biaso. Verlag Neue Zürcher Zeitung. 2004. Pp185-186.
  • Conrad Keller, Alfred Ilg. Leibzig. 1918
  • Corne de l’Afrique. Les Royaumes disparus. Autrement HR n° 21. Janvier 1987
  • Arthur Rimbaud. Correspondances, La Pléiade. 1967. On pourra consulter plus aisément : Arthur Rimbaud, Correspondance, présentation par J-J Lefrère, Fayard, 2007. Échange de correspondance entre Rimbaud et Ilg, Pp. 721, 727, 728, 742, 752, 754, 756, 763, 766, 768, 775,…
  • Duralex : en liquidation en avril 2008, alors qu’il était le premier fournisseur mondial (et dans la région jusqu’en 1980).

Le « KEBRA NEGAST », « La Gloire des Rois d’Ethiopie » a la côte !

Introduction : Miracle, miracle… peut-on dire… comme si le millenium éthiopien a secoué les éditeurs… dans un laps de temps de quelques mois, deux ouvrages fondamentaux sortent en français sur le célèbre « Kebra Négast »… voici des commentaires (ces ouvrages sont présents dans la librairie de notre centre).

1 - A l‘occasion du millénium éthiopien, Samuel Mahler est heureux de vous présenter sa traduction du Kebra Negast.

Le livre : Le Kebra Negast, ou La Gloire des Rois en guèze, est un récit épique qui se situe près de 1000 ans avant Jésus-Christ. Il retrace notamment la rencontre entre Makeda, la Reine de Saba et Salomon, Roi d’Israël. De cette rencontre, naîtra Ménélik Ier, le fondateur de la dynastie des empereurs salomonides dont Hailé Sélassié est le 225 ème descendant. Le Kebra Negast relate également comment, Ménélik se serait emparé des Tables de la Loi et les auraient convoyé en Ethiopie où elles reposeraient encore aujourd’hui dans la chapelle Sainte Marie de Sion à Axoum.

L’auteur : En 1998, Samuel MAHLER est étudiant en Théologie. Porté par sa passion des origines du christianisme africain, il part en Ethiopie, sur les traces de la légendaire Reine de Saba, pour y étudier les mystères du Kebra Negast. C’est au sein d’une famille éthiopienne qu’il apprend d’abord l’amharique afin de mieux communiquer avec les prêtres. Puis viendra l’apprentissage du guèze, la langue liturgique dans laquelle est écrite le Kebra Negast. Il poursuit sa recherche, à Axoum, capitale religieuse de l’église Orthodoxe, avec pour laissez-passer la bénédiction du Patriarche, l’Abuna Paulos. Il mettra 2 ans pour traduire en français ce récit à la Gloire des Rois d’Ethiopie… entre légende et réalité. Cette traduction intégrale est la première éditée en France. Sommaire : Après un avant propos où l’auteur nous explique les motivations… et les difficultés qui l’ont conduit à traduire ce livre, une introduction permet de situer l’ouvrage dans son contexte géographique, historique et culturel.

La traduction se présente ensuite sous forme de 118 chapitres répartis en 7 parties :

1ère partie : Au commencement ; puis : La Reine de Saba ; Ménélik Ier ; L’arche d’alliance ; Le déclin du royaume de Salomon ; La Gloire du Royaume d’Ethiopie ; Les prophéties. « KEBRA NEGAST, la Gloire des Rois d’Ethiopie » Les éditions de laboutiquedesartistes. ISBN 978-2-9530397-0-2 Poche, 168 p, prix : 19,90 euros

Nos commentaires : un ouvrage sérieux, historique et une belle introduction à un ouvrage fondamental dans la connaissance de l’Ethiopie. Ouvrage plaisant à un prix raisonnable.

2 – « La Gloire des Rois, ou l’Histoire de Salomon et de la reine de Saba »,

par Robert Beylot. Collection Apocryphes (APOCR, vol 12). Editions Brepols (Belgique). ISNB 978-2-503-52358-3. 12 cm x 19 cm, 491 pages broché. Prix public TTC : 49,24 euros.

Sommaire : La Gloire des rois (ou l’histoire de Salomon et de la reine de Saba) a été rédigée en Ethiopie au treizième siècle. Elle met en forme des légendes anciennes en relation avec celle d’Alexandre. Elle fut le texte fondateur de la société chrétienne en Éthiopie, pas seulement celui de la dynastie, jusqu’à la révolution de 1974. Elle a pour cadre le concile de Nicée (325). Grégoire l’Illuminateur, apôtre de l’Arménie, prend d’abord la parole au sujet de la gloire qui est celle des rois. Puis Dematyos de Rome (Byzance) raconte qu’il a trouvé à Sainte-Sophie (de Constantinople) un texte sur les destinées de Rome (Byzance) et de l’Éthiopie, qui se partagent le monde. Celui-ci dit comment la reine de Saba (pays identifié à l’Éthiopie) attirée par le renom de Salomon, lui a rendu visite. Un fils naît de leur rencontre, Ménélik appelé aussi David. Élevé par sa mère en Éthiopie, il rend visite à Salomon, une fois devenu adulte. Ménélik revient chez lui avec les premiers-nés des grands de la cour de Salomon, pour créer une Éthiopie à l’image du royaume de celui-ci. Il ignore, au début, que les siens ont emporté l’Arche d’Alliance. Désormais l’Éthiopie est le Verus Israël jusqu’à la fin des temps. Elle a les promesses de Dieu.

L’auteur : Robert BEYLOT, chargé de recherche au C.N.R.S., appartient au Centre d’études des religions du Livre (Institut des traditions textuelles, Villejuif). Après des études d’Histoire à Lyon, il a suivi la formation aux études éthiopiennes alors dispensée à l’Ecole pratique des hautes études (Sciences philologiques et historiques) et à l’Institut Catholique de Paris (Ecole des langues orientales anciennes). Il s’intéresse à l’ancienne littérature et à l’histoire religieuse de l’Eglise éthiopienne. Nos commentaires : ce travail remarquable réalisé par un chercheur au CNRS, spécialiste des « religions du Livre », offre l’avantage d’études, de notes et commentaires. Certes, il fait partie d’une collection savante des publications Brepols, et ne concerne pas forcément les même publics (et les mêmes bourses…, un peu cher pour un ouvrage broché format poche). Informations : brepols.net Reine de Saba… Informations diverses :

Voici les informations transmises en début d’année 2008 à la revue « Globe-trotters magazine » d’ABM, Rubrique : le coin des bourlingueurs (informations transmises à l’intention des Grands Voyageurs ».

ETHIOPIE : pays toujours aussi formidable qui fête cette année, jusqu’au 10 septembre 2008 son année 2000 (en effet, ce pays comme l’Erythrée, son voisin fonctionne toujours avec le calendrier « julien » (qui comprends 13 mois). Donc plusieurs manifestations sont programmées dans le pays, mais aussi dans divers instituts comme à l’Alliance française d’Addis Abeba (non loin de Piazza) et à Dire Dawa (proche d’Harrar). De nos jours, les formalités de visa sont simples, les routes sont meilleures et de plus en plus asphaltées. Lieux magiques : Addis (quartiers Piazza, petits hôtels, musique, ambiance et « boxons »…), le sud de l’Ethiopie et ses lacs, Awash et Harrar (Burton, Monfreid, Rimbaud obligent…), le Lac Tana, Gondar, Axum (inauguration en septembre prochain de la pose finale de la stèle rendue par les Italiens – volée par Mussolini en 1935), le Tigray, Lalibela. Evidemment, il vaut mieux ne pas s’attarder du côté de l’Ogaden, et dans le sud, frontière avec le Kenya (troubles, mais ouverte à Moyale).

ERYTHTREE : le voisin de L’Ethiopie ( grand comme 1/5 de la France, 1/10 de l’Ethiopie). Petit pays très calme et peu peuplé. Visa très facile à obtenir (on peut venir du Soudan, de Djibouti – il faut changer de véhicule à la frontière), par avion (compter 750 euros depuis la France), et on peut trouver un bon plan « boutre » par le Yémen à partir de Massawa ou d’Assab (sud). Pays très intéressant et inconnu ! (épinglé par Reporters sans frontière). La population est très agréable et calme. Déplacements possibles en car, stop, location sur place. Asmara est magnifique, une des plus belles villes – et si propre- d’Afrique d’un style fin XIXe et très moderne italien 1900-1950. Change du Nakfa à deux taux (…). Il y a beaucoup de jeunes à Asmara, belle ambiance, bons restaus (cuisine italienne), hôtels pour toute les bourses, Ballades et marches possible dans les montagnes, comme à Massawa (port endormi au bord de la mer Rouge) possibilité d’aller aux îles Dahlak (magnifiques ! Sans doute la plus belle région maritime de la mer Rouge). Pays très sûr, sans aucun problème.

YEMEN : malgré les récents attentats, hélas, dans le wadi Dohân, cette fois-ci (décembre 07), le pays demeure toujours sympathique et très accueillant. Evidemment, on ressent à chaque fois une crainte et une désaffection pour ce pays hors du temps et du commun ! Que dire ! Oui, on peut aller au Yémen, se promener « presque » partout (il faut toujours demander un « tasrir », papier officiel du Ministère du tourisme de déclaration dans le pays, sorte de « Laissez-passer ». De nos jours, les touristes vont plutôt faire du treeking dans les montagnes de l’ex-Yémen du Nord, autour de Sanaa, et au sud. Mais tout le pays (bien vaste) est fort différent et intéressant, et les Yéménites sont d’une gentillesse légendaire.

SOCOTRA (île de). Je me sens gêné et redevable, ayant contribué à la faire connaître en France… (expo, coup de main aux chaînes de TV qui ont fait des reportage). Donc depuis quelques années, Socotra (ne pas confondre avec Sonacotra, de grâce), a bien plus de visiteurs. L’île appartenant au Yémen est accessible par avion (deux vols hebdomaires, il vaut mieux réserver à l’avance), et pour ceux qui ont du temps (à trouver, à attendre) on peut trouver un boutre depuis le port de Mukalla, qui sent bon de poisson et le mazout, pour deux à trois jours de mer, avec une bonne aventure en plus. L’île est un paradis pour les amis de la Nature endémique, mais elle peut être cher. Car l’intérêt n’est pas Hadibu (bled sale et pas agréable du tout, mis à part bien sûr les rencontres avec les gens, calmes, discrets) mais l’île qui est vaste (150 kms x 40 kms, à l’allure d’un ballon de rugby), donc pas d’autres moyens que la marche ou la location d’un 4x4. Mias il faut tout penser, matériel de bivouacs, camping, eau. Evitez la saison des vents (terrible, entre 80 et 120 kms/h 18h/jour), soit d’avril à septembre. C’est une île merveilleuse mais fragile, les projets des Emirats arrivent, on imagine le reste…


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Voyages d’exception... et extraordinaires en petit groupe :

  • Des voyages avec Explorator en exclusivité : ÉRYTHREE (22 sept-4 oct) et Yemen + Socotra (15-29 octobre), et en Ethiopie (fin d’année 08 et 2009).

Pour tous ces voyages : Accompagnement par J-M Bel. Inscription immédiate : dossier contre 4 timbres-poste, ou sur place, ou par internet (reinedesaba2@orange.fr). Ne tardez pas.

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L’Espace Reine de Saba/la Maison du Yémen est le siège du Comité français officiel de soutien aux actions de l’UNESCO au Yémen et en Éthiopie concernant les campagnes de sauvegarde des villes historiques du patrimoine mondial. Comité bénévole fondé le 30 juin 1991 et présidé par Théodore MONOD, Luc BALDIT (†), José-Marie BEL. Association loi 1901, du 29 mars 2008. N°1359

Président : José-Marie Bel. Présidents d’honneur : Théodore Monod, Luc Baldit (†), France Arnaud ; Secrétaire général : Scott Marlin ; Pascal Perzo. Trésorier : Jonathan bel-Legroux. Comité : Colette Delarue, Simone Robert, Corinne Adenie.

Objectifs :

  • Création, soutien d’actions pour la préservation du patrimoine du Yémen et en Éthiopie
  • Réalisation d’événements culturels et artistiques, de recherches et publications
  • Organisation de voyages culturels, spécialisés et missions dans la région
  • Application de la Charte de bonne conduite dans les voyages et séjours (OMT, Madrid)
  • Encouragement d’échange fraternel entre la France, l’Europe, le Yémen (et Socotra) et l’Ethiopie
    • Nous récoltons en permanence (depuis 1990) : livres usagés, médicaments, jouets et graines
    • potagères, que nous transportons et distribuons gratuitement au Yémen, Socotra et en Éthiopie

L'Espace Reine de Saba - Maison du Yemen - 30 rue Pradier - 75019 Paris - Tél / Fax : 01 43 57 93 92 - Contact