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Reine de Saba











ARTICLES DIVERS sur le YEMEN, ETHIOPIE, rivages de la mer Rouge


Publié dans TELERAMA en septembre 2015 :

Architecture Au Yémen, le patrimoine culturel à l’épreuve de la guerre

Luc Le Chatelier Publié le 05/09/2015. Mis à jour le 01/02/2018 à 09h01.

http://www.telerama.fr/scenes/au-yemen-le-patrimoine-culturel-a-l-epreuve-de-la-guerre,130937.php

Au VIe et VIIe siècle, le Yémen, islamisé par Ali, le gendre du Prophète Mahomet, est devenu un très important centre de la culture islamique. « Depuis lors, deux obédiences se partagent — et plus souvent se disputent — le territoire, le pouvoir, les richesses, l’influence, explique l’ethnologue et dessinateur José-Marie Bel, qui a arpenté le pays de long en large en compagnie de Théodore Monod... « Au nord, autour de Sanaa, les Zaïdites, souvent assimilés au Chiites, dont certains jeunes têtes brûlées alimentent aujourd’hui les milices Houthis. Au sud, vers Taëz et le port d’Aden, les Sunnites prédominent. Ajoutez-y des hautes vallées tenues par des chefs de guerre plutôt farouches, la présence avérée d’Al Qaida et de Daech au sud, et un taux d’armement (11 millions d’armes à feu pour 25 millions d’habitants) proche de celui des Etats-Unis (sans compter la Jambiya, le poignard traditionnel recourbé que tout homme se doit de posséder), et la situation devient explosive. Surtout que l’on vient de découvrir du pétrole au large d’Aden et des gisements de gaz naturel dans le désert... » Un vrai désastre que José-Marie Bel et ses collaborateurs de La Reine de Saba, la petite galerie spécialisée sur le Yémen qu’ils animent à Paris (30 rue Pradier), essayent d’endiguer avec une pétition contre les bombardements de l’armée saoudienne qui ne peuvent qu’ajouter à la pagaille.

Dommages collatéraux ou destructions intentionnelles ? Au Yémen, les raids de l’aviation saoudienne, qui pourchassent les milices chiites houthistes (soutenues par l’Iran et par l’ancien président Ali Abdallah Saleh, qui ne rêve que de déboulonner son successeur Abd Rabbo Mansour, lui-même réfugié à Ryad...), ne font pas dans le détail. Depuis mars dernier, on compte, selon l’ONU, 4 300 morts, dont de nombreux civils, 10 000 blessés et 1,2 million de déplacés, mais aussi de considérables dégâts en matière de patrimoine. Classée à l’Unesco, la vieille ville de Sanaa, perchée à 2 200 mètres d’altitude et habitée depuis plus de 2 500 ans, avec ses 103 mosquées, 14 hammams et maisons-tours en terre qui grimpent à 30 mètres de haut, a subi de graves dommages. Dans le quartier al Qasimi, la mosquée al-Mahdi (XIIe siècle) a été soufflée par un missile. Les villes de Saada, Taëz et Aden — le fameux port du sud, construit à l’intérieur du cratère d’un volcan — ne sont pas plus épargnées. En milieu urbain dense, les frappes aériennes, fussent-elles « ciblées », sont toujours dévastatrices...

Plus étrange, des sites isolés, sans valeur stratégique, ont aussi été pilonnés, comme la cité fortifiée pré-islamique de Baraqish, inhabitée, aux limites du désert, ou plus inoffensif encore, le Musée régional de Dhamar, qui abritait des milliers d’objets de la civilisation Himyarite. L’Unesco s’en est publiquement ému à plusieurs reprises. Pour toute réponse, les Saoudiens ont bombardé, fin août, le barrage de Marib, l’une des plus imposantes merveilles d’ingéniérie construite en 750 avant J.C, du temps de la reine de Saba. Sans que les Etats-Unis, ni l’Europe, ni la France ne réagissent. Pourquoi ce silence ? Trop d’accords politiques (dans la lutte contre Daech, mais aussi les pressions sur l’Iran), commerciaux (le pétrole, le pétrole, le pétrole) et militaires (dernier contrat : 79 vedettes et patrouilleurs achetés à la France) nous lieraient-ils à l’Arabie Saoudite ?

“L’Arabie heureuse”

Pourtant, pour les assez rares voyageurs qui ont arpenté ces hautes terres du nord du Yémen, ce pays tient du petit paradis. De hautes montagnes (dont le Jabal an Nabi Shu’ayb, 3 666 m, point culminant de la péninsule), des vallées profondes, de l’eau... Pour les Grecs et les Romains, c’était « l’Arabie heureuse ».

Avec une superficie de 527 000 km2, le Yémen est presque aussi grand que la France. Ses 25 millions d’habitants (40/km2) en font un des pays les plus densément peuplés de la péninsule arabique.

Sanaa, sa capitale « du nord » perchée à 2 200 m d’altitude, compte plus de 2 millions d’habitants. Connu pour son architecture traditionnelle de terre crue, la vieille ville présente une densité incroyable d’immeubles dont les plus anciens ont près de 500 ans. « Et ils tiennent toujours », explique l’architecte Thierry Joffroy qui a pu les étudier de près. « La structure repose en général sur une base de pierre sur laquelle ils montent des murs très épais chainés à chaque étage par un système de poutres et de planchers. C’est une architecture organique qui peut grimper très haut par ajouts successifs. On a l’impression d’un vocabulaire assez géométrique, mais vu de près, cela ressemble plus à de la pâtisserie. »

Qu’est devenu le Khailah Palace, dans la vallée du Wadi, à l’est du pays, où un certain David, animateur d’un blog de voyage, a failli passer la nuit, en 2008, pour 60 $ ? Dans sa description, il y avait alors une centaine de chambre, dont une seule était occupée par une aventureuse touriste allemande... Impossible aussi de savoir si cette construction respecte les principes de l’architecture traditionnelle, mais l’aspect général le laisse penser. D’après Thierry Joffroy, architecte grenoblois et animateur du réseau CRAterre, « au Yémen, le savoir-faire millénaire des bâtisseurs ne s’est pas perdu. Parce qu’il fait partie de la culture et de la fierté des Yéménites. Mais aussi, parce que construire en terre coûte simplement moins cher ».

© AFP PHOTO / MOHAMMED HUWAIS


IL Y A TROIS ANS... Le YEMEN SOMBRAIT DANS LE CHAOS... Le patrimoine yéménite ravagé par la violence, des sites classés à l’UNESCO touchés

Des représentants de l’UNESCO indiquent que la situation du patrimoine au Yémen est similaire à celle en Irak et en Syrie

Sala Khaled et ses amis avaient l’habitude d’escalader la forteresse d’al-Qahira, édifice de 3 000 ans surplombant la ville de Taiz, dans le sud du Yémen. Ce bâtiment fortifié en stuc lui rappelle son enfance : elle y a appris la photographie avec ses amis.

« Le château d’al-Qahira est ce qui constituait la particularité de Taiz et faisait la fierté de ses habitants. J’avais peur qu’ils ne l’attaquent et malheureusement, ils l’ont fait », a-t-elle confié, ajoutant que depuis que les combattants houthis ont pris le contrôle de la troisième ville du Yémen en mars, celle-ci a été transformée en une ville fantôme.

La coalition saoudienne a lancé en mars une campagne de bombardement visant à repousser les houthis, mais depuis, les combats n’ont fait que redoubler de brutalité.

Sala Khaled affirme que ces beaux souvenirs ne seront plus jamais les mêmes désormais. « Un jour, j’y retournerai, mais je prendrai les ruines en photo. Toute cette beauté a été réduite en poussière », explique-t-elle depuis Sanaa, où elle réside temporairement.

Comme Khaled, de nombreux Yéménites se sentent impuissants et pris au piège face à la lutte acharnée pour le pouvoir entre les houthis et la coalition d’États arabes dirigée par l’Arabie saoudite, qui est soutenue par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Le château d’al-Qahira n’est pas le seul site en danger. Les vitraux communément appelés qamariya qui ornent les résidences de la vieille ville de Sanaa ont volé en éclats suite aux impacts des bombardements incessants sur les montagnes voisines de Nuqom la semaine dernière. Les maisons à étages, construites à base de gypse (un sulfate utilisé dans de nombreuses formes de plâtre) et de briques réfractaires, sont habitées depuis plus de 2 500 ans.

Qui est responsable ?

Pour l’ancienne ministre de la culture, Arwa Abdo Othman, les houthis et les forces fidèles à l’ancien Président Ali Abdallah Saleh sont responsables de la destruction du patrimoine yéménite. « Selon certaines indications, la milice houthie entreposait des armes dans les châteaux historiques, ce qui a poussé les forces saoudiennes à bombarder ces sites », a-t-elle expliqué. Malgré les avertissements formulés il y a un mois, Othman a été déçue de constater que le patrimoine et les sites archéologiques ont été attaqués.

Des habitants de la vieille ville, qui ont souhaité rester anonymes, affirment avoir vu que des armes étaient cachées à l’extérieur de la ville, au ministère de la Défense et dans des écoles.

Pour Anna Paolini, représentante de l’UNESCO dans les États arabes du Golfe et au Yémen, la situation du patrimoine yéménite est similaire à celle des patrimoines irakien et syrien.

« J’entends la même chose des gens qui vivent [à Taiz], a expliqué Paolini. Si vous allez au Yémen, vous verrez qu’un grand nombre de sites archéologiques se trouvent au milieu de nulle part. Quand on parle d’archéologie, on parle de Balkis [qui aurait abrité la légendaire reine de Saba] ou de Marib [autrefois capitale du royaume de Saba].Que voulez-vous y entreposer ? Il n’y a rien ici. »

« Mais c’est également le cas avec les hôpitaux, les écoles. On ne peut pas contrôler cela », a-t-elle ajouté.

L’UNESCO a rapporté que les inscriptions sabéennes figurant sur les murs du barrage ont été effacées. Les attaques contre le barrage sont survenues une semaine après la destruction du musée national de Dhamar, qui abritait plus de 12 500 reliques du patrimoine yéménite, plus tôt ce mois-ci.

Déchirés et incrédules, les civils ne peuvent que regarder les antiquités du pays tomber en ruines. Des reliques culturelles, dont des manuscrits de la Bible et des statues datant de plus de 600 ans, sont vendues pour gagner de l’argent rapidement. Beaucoup ignorent si des systèmes ont été mis en place pour localiser et traquer les contrebandiers qui vendent ces objets.

Anna Paolini a indiqué que le déplacement de nombreux réfugiés vers l’Arabie saoudite et Djibouti pourrait être une autre raison de la sortie des objets du pays.

« D’importants défis se posent pour tenter de localiser les coupables ; nous mettons en place des mécanismes pour former les organisations douanières des deux pays et nous négocions avec ces dernières afin de préparer des techniques de surveillance et des formations », a-t-elle ajouté.

Arwa Abdo Othman a signalé que des objets de collection et de culte avaient été volés dans la Maison du patrimoine traditionnel de Sanaa même avant la guerre. Alors que seulement 1 % du budget du gouvernement était alloué à des projets culturels, ceux qui étaient responsables de ces questions sous la présidence Saleh agissaient comme des voyous, a-t-elle affirmé. « Savez-vous que des stocks entiers de reliques de musées et de manuscrits étaient pillés systématiquement par l’État et évacués du pays au grand jour ? ».

Hisham al-Omeisy, un analyste politique basé dans la capitale, a cependant affirmé que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite était l’unique responsable des destructions et n’avait remporté aucune véritable victoire jusqu’à présent. « On ne tue pas une mouche posée sur une peinture de van Gogh en lui assénant un violent coup de massue. La destruction d’un bâtiment de trois millénaires pour tuer trois ou même trois cents houthis a enragé trente millions de Yéménites, qui ont perdu une part irremplaçable et inestimable de leur patrimoine », a déclaré Omeisy.

Sala Khaled va jusqu’à soutenir que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite détruit délibérément les sites historiques du Yémen.

« Ils veulent détruire ce qui reste sur cette terre antique. J’aurais aimé qu’ils puissent aller autre part qu’à Taiz et au Yémen pour terminer leurs combats. »

Pendant ce temps, d’autres se demandent s’il s’agit du bon moment pour se concentrer sur les sites antiques, alors que plus de 20 millions de personnes font face à une aggravation de la crise humanitaire et éprouvent les pires difficultés à accéder aux denrées alimentaires, à l’eau et aux soins médicaux.

Abdo Elfgeeh, un homme d’affaires de la capitale qui a assisté à la campagne de bombardement au cours des premières semaines, a insisté sur le fait que les vies humaines devraient prévaloir. Selon lui, les sites doivent être ciblés s’ils servent d’entrepôts d’armes.

Deux autres sites ont été attaqués ces derniers jours : la mosquée al-Aidaroos, qui date du XIVe siècle, et la forteresse de Sira, qui date du Xe siècle et surplombe la ville de Crater et l’océan Indien. Au XVIe siècle, ce bastion imprenable a résisté aux attaques des Portugais et a joué un rôle essentiel dans la défense contre l’armée turque. Plus tard, les Britanniques ont modifié la conception et l’architecture initiales du fort, comme l’indique un rapport du capitaine Foster daté de mars 1839.

Pour sa part, Anna Paolini a déclaré que l’UNESCO coopérait avec la coalition saoudienne pour sensibiliser l’armée et s’assurer que certains des principaux sites ne se trouvent pas dans les zones ciblées. « Nous travaillons également avec des sites archéologiques de renommée internationale. Nous sommes constamment en contact avec différentes organisations internationales pour plaider en faveur de la protection de ces zones », a-t-elle indiqué.

« Nous sommes en train de tout perdre »

Certains Yéménites sont très inquiets face à la perspective de voir la guerre entraîner le pays, dont certains sites majeurs remontent au VIe siècle avant J.-C., vers une faillite culturelle.

D’après Arwa Abdo Othman, le tourisme dans le pays a presque totalement disparu à partir de 2007, en raison de l’augmentation des attentats et des enlèvements contre rançon d’al-Qaïda. « Malheureusement, nous sommes coupés du monde depuis de nombreuses années », déplore-t-elle.

« La guerre a davantage exacerbé l’isolement du pays et l’a fait reculer de dix ans. »

Abdo Elfgeeh a toutefois estimé qu’il était « navrant » de soulever la question du tourisme maintenant, alors que la violence fait rage et que des millions de personnes sont en situation de détresse extrême.

« Vous connaissez la situation au Yémen. C’est un pays extrêmement pauvre qui n’a même pas de système de santé et d’éducation de base, a expliqué Paolini. Le ministre de la Culture s’était attelé à ce problème, mais lorsque la principale priorité du pays est liée à des vies humaines, on suit bien sûr l’ordre de priorité. »

« Je souhaite la paix, et j’ai de la peine à voir ces destructions dans ma ville, a ajouté Sala Khaled. Des civils sont tués au cours des combats. Personne n’est gagnant dans cette guerre. Nous sommes en train de tout perdre. »

Arwa Abdo Othman a indiqué toutefois qu’il y avait des raisons de rester optimiste. « Tant qu’il y aura des êtres humains, il y aura de l’innovation, il y aura de la créativité, il y aura un patrimoine culturel. En tant que membres de la société civile, c’est à nous de faire entendre notre voix, pour arrêter cette guerre qui tue l’esprit humain, qui nous tue et qui tue notre avenir. »

Mohammed al-Qalisi a contribué à la réalisation de ce reportage.


ETHIOPIE... Barrage de la Renaissance (certainement pas pour tout le monde...)

Les empereurs d’antan en ont rêvé, Menelik II l’a tenté... et actuellement l’Ethiopie - à la croissance indécente, qui vends ses terres et son peuple ... - va ouvrir le plus grand barrage d’Afrique, et donc détourne et bloque l’eau du Nil bleu (au plus grand débit) pour en faire de l’électricité, louable certes, mais/et qui cause et va causer d’énormes problèmes divers et notamment à ses deux grands voisins, le Soudan et surtout l’Egypte.

2018 : inauguration du troisième grand barrage éthiopien... (Alors que dans ce grand pays, le deuxième en population, où la jeunesse, instruite et éclairée grouille dans les rues des villes (plus de 100 millions d’habitants) certains ne connaissent même pas la roue, la brouette)...

Des tensions alimentées par de vraies inquiétudes et par une nouvelle donne géopolitique.

D’abord, parlons de ce barrage sur le Nil bleu au trois quart terminé et qui devrait entrer en service dès 2018 : 170 mètres de haut, près de 2km de large et un lac réservoir immense, capable de retenir plus que la capacité annuelle du fleuve.

Il produira à terme 6000MW, ce qui fera plus que doubler la production électrique éthiopienne, un pays de 100 millions d’habitants qui en manque cruellement et qui, d’un coup, deviendra la centrale électrique de l’Est africain.

Si l’Egypte s’inquiète, au moins de menacer, c’est parce qu’elle se trouve et aval du barrage et qu’elle tire du Nil 90% de son eau potable, agricole ou industrielle. Autrement dit, aujourd’hui comme hier, l’Egypte est avant tout un cadeau du Nil.

Il suffirait que l’Egypte s’entende avec ses voisins pour gérer cette eau !

Vous parlez d’or, Pierre ! Sauf que l’Egypte n’est pas habituée à discuter, elle qui a toujours été la puissance économique, politique voire militaire de la région. Le Soudan et l’Ethiopie étaient trop pauvres pour lui contester cette primauté.

Résultat, en 1959 un traité parfaitement léonin a été signé qui attribue à l’Egypte les ¾ de l’eau du Nil. Or même avec des termes aussi défavorables, le Soudan n’est jamais parvenu à consommer sa maigre portion du fleuve qu’il abandonnait donc à Egypte.

Ça c’est l’ancien monde. Celui qu’on a quitté au tournant des années 90/2000. Aujourd’hui, dans un monde globalisé où les échanges commerciaux, les ressources minières et les taux de croissance comptent plus que les divisions blindées, les cartes sont rebattues.

Or il se trouve que le Soudan a du pétrole et surtout, que l’Ethiopie a depuis 10 ans au moins, le taux de croissance annuel le plus élevé au monde après la Chine.

Vous voulez dire que l’Egypte commence à sentir la concurrence ?

Relative : l’Ethiopie reste un pays très pauvre et son économie est encore 5 fois moins importante que celle de l’Egypte. Mais c’est la première fois depuis j’allais presque dire des millénaires qu’elle est capable de tenir la dragée haute au Caire.

Mais c’est surtout la différence entre les deux pays qui frappe les esprits. D’un côté l’Egypte multiplie les éléphants blancs, comme cette capitale inutile sensée doubler le Caire, construite en plein désert ou encore des travaux mal engagés et évalués sur le canal de suez. De l’autre l’Ethiopie, elle, édifie un barrage.

L’Egypte achète des armes à tour de bras, est incapable de maitriser sa corruption endémique, laissant des pans entiers de son économie aux mains des militaires. De l’Autre, Addis Abeba multiplie les projets structurants, agricoles et industriels.

Je ne parle pas ici de démocratie : les deux pays sont tous deux dictatures féroces. Sauf qu’au Caire, on mendie des milliards en Arabie Saoudite pour survivre un mois de plus alors qu’à Addis Abeba, les banquiers du monde se précipitent pour avoir l’honneur de prêter au pays.

D’où l’inquiétude de l’Egypte qui est à la fois économique, politique et existentielle : le monde qui vient est en train de lui donner du fil à retordre sous la forme d’un pays qu’elle a toujours méprisé et qui est en train de lui rendre la politesse, à savoir l’Ethiopie. Synthèse : France Inter, AFP, remerciements.


Lire et écouter : https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-28-decembre-2017

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