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L'univers de l'Espace
Reine de Saba












YEMEN : le monde entier s’en détourne avec indifférence !

L’Orient, le Soir : extraits


Nous remercions sincèrement ces journaux et les auteurs pour la diffusion de cet article dans ce site.

Alors que les combats se font de plus en plus virulents à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, pour la reprise de la ville par les forces loyalistes, la situation humanitaire dans l’ensemble du pays est toujours loin de s’améliorer. « La situation humanitaire est pour le moins catastrophique. Aucune famille n’est épargnée par ce conflit. La population vit dans des conditions épouvantables et la situation empire de jour en jour. Le monde doit ouvrir les yeux sur ce qui se passe ici », a déclaré le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, lors d’une visite de trois jours, la semaine dernière.

Rima Kamal, responsable de communication du CICR, basée à Sanaa, jointe par L’Orient-Le Jour, confirme que la situation est des plus dramatiques. Avec plus de 250 employés au Yémen, dont 45 sont des collaborateurs internationaux, disséminés entre Taëz, Saada, Sanaa et Aden, le CICR poursuit, autant que faire se peut, son travail. « Parfois, afin d’assurer notre sécurité lors d’un simple déplacement, nous devons passer plus de vingt coups de fil auprès des parties en conflit. Si nous restions bien à l’abri dans nos bureaux à attendre, nous n’aurions aucun contact avec la population qui souffre », confie l’humanitaire. Consciente du risque que les employés prennent au quotidien, Mme Kamal se dit confiante quant à leur système de sécurité, même si des incidents sont parfois inévitables.

De nombreux cadavres Avec l’intensification des combats à Taëz ces derniers jours, les équipes du CICR ont été témoins de nombreux cadavres jonchant le sol. « Le personnel sur place a du procéder avant-hier au ramassage des corps, qui doit être effectué le plus rapidement possible afin de permettre l’identification. C’est l’un des problèmes majeurs auquel nous faisons face en ce moment », explique Mme. Kamal. Depuis mars, près de 4 000 personnes auraient été tuées, 19 000 auraient été blessées et 1,3 million auraient été obligées de quitter leurs domiciles. La responsable de la communication rapporte que « les gens sont de plus en plus dépendants d’ONG comme la (leur) » : « Ils n’ont plus d’économies, déjà maigres, quand on sait que plus de la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour. » Et en plein mois d’août, l’approvisionnement en eau est l’un des principaux enjeux. De nombreuses infrastructures ayant été bombardées et endommagées, la population n’a d’autre choix que de faire appel à des distributeurs privés, quand elle en a les moyens, ou bien de se tourner vers le CICR.

(Pour mémoire : À Aden, les hôpitaux débordés se transforment en mouroirs)

« Spirale destructrice » Un autre problème de taille paralyse davantage le travail des humanitaires : le manque d’électricité. Les hôpitaux en sont très souvent privés et n’ont pas assez de fuel pour faire marcher leur générateur électrique. Les salles d’opérations, les pouponnières et autres, prises d’assaut par une arrivée croissante de blessés, sont donc peu ou prou opérationnelles. Par manque de matériel et de médicaments, le moindre soin est difficilement assuré. Même si la reprise de Aden des mains des rebelles Houthis a permis l’arrêt des combats, la population de la ville est « totalement démunie et livrée à elle-même. La criminalité y est pregnante en ce moment dans certaines zones, due à l’absence de règles et à la confusion qui règne », conclut Mme Kamal.

Alors que le Yémen se trouve au bord de l’effondrement et que le monde semble s’être désintéressé de cette région, le président du CICR rappelle dans un dernier communiqué que « des milliers de vies sont menacées par cette horrible spirale destructrice », que la libre circulation des marchandises dans le pays doit être rétablie et que « la priorité doit aussi aller à la recherche d’une solution politique rapide ».

L’Indonésie récompense le CICR au Yémen

En avril dernier, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a contribué au bon déroulement de l’évacuation de plus de 180 ressortissants indonésiens, malaisiens et thaïlandais, alors bloqués à Aden. La requête a émané du gouvernement indonésien. Bob Ghosn, alors chef de la sous-délégation à Aden, au moment des faits, raconte que des bus ont été loués et peints d’une croix rouge. « Les personnes évacuées ont dû traverser deux fronts avant d’arriver au port, où un bateau affrété par l’Indonésie les attendait », explique t-il. En signe de reconnaissance, le gouvernement indonésien décernera aujourd’hui, jour de la fête nationale et des 70 ans de l’indépendance du pays, un prix au CICR, représenté sur place par M. Ghosn.

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